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Cac 40 : Trump relance la guerre douanière face aux Européens pour s'emparer du Groenland, le CAC 40 plonge de 1,6% et l'euro grimpe

Aujourd'hui à 09:01
Début de semaine difficile à la Bourse de Paris

(BFM Bourse) - L'indice parisien a ouvert en très nette baisse ce lundi 19 janvier. Le président américain, Donald Trump a menacé huit pays européens d'alourdir de 10 points de pourcentage les droits de douane au 1er février. En réponse, les Européens envisagent pour 93 milliards d'euros de riposte douanière.

Donald Trump a montré au monde entier que les droits de douane était bel et bien une arme diplomatique et non économique pour lui.

La Bourse de Paris plonge de de 1,58% en tout début de séance ce lundi 19 janvier à 8.128,54 points, après que le président américain a menacé mettre en place de nouveaux droits de douane contre huit pays européens.

Samedi, Donald Trump a annoncé qu'il comptait instaurer des surtaxes douanières de 10 points de pourcentage à l'encontre de la France, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, l'Allemagne et la Norvège, le 1er février prochain. Le taux global passerait donc à 25% pour ces pays, à l'exception du Royaume-Uni (20%).

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L'Europe fourbit ses armes

Le locataire de la Maison-Blanche a décidé d'utiliser ces surtaxes douanières pour sanctionner l'absence de soutien de ces pays à son plan pour acquérir le Groenland. Depuis son retour à Wahsington, le milliardaire réclame que le territoire danois soit rattaché aux États-Unis, invoquant des enjeux de sécurité nationale.

Plusieurs pays européens dont la France ont participé la semaine dernière à une mission militaire de reconnaissance au Groenland.

À l'annonce des nouvelles menaces douanières américaines, le président français Emmanuel Macron a indiqué qu'il plaiderait pour l'emploi de l'instrument anti-coercition européen.

Ce "bazooka commercial", qui permet de recourir à un large éventail de mesures, comme des quotas, des interdictions d'importations ou l'interdiction d'accès à des marchés publics européens.

Plusieurs agences de presse rapportent par ailleurs que l'Union européenne planche sur une riposte douanière et commerciale envers les États-Unis, pour un montant total de 93 milliards d'euros.

Ce retour de la guerre commerciale, six mois après l'accord entre Bruxelles et Washington qui avait scellé à 15% les droits de douane frappant l'Europe, provoque de nombreuses réactions de marché.

Outre le CAC 40, l'ensemble des indices européens chutent. Les contrats à terme sur Wall Street souffrent aussi. Celui sur le S&P 500 abandonne 0,9% vers 9h.

"Lorsque cette porte s'ouvre, plus rien n'est à l'abri"

Le marché se rend compte qu'avec Donald Trump au pouvoir, les certitudes sur les droits de douane n'existent pas, et la visibilité sur ce sujet reste très relative.

"La réaction initiale des marchés ressemblent à un cas d'école d'incertitude commerciale, rappelant qu'il est impossible de simplement emballer les droits de douane dans un joli paquet et de les ranger dans un tiroir lorsque le 'Tariff Man' (Trump) est au pouvoir", commente Stephen Innes de Spi AM

"Cette fois-ci, la salve tarifaire de Trump n'a pas été présentée comme un moyen de pression pour régler les déséquilibres commerciaux ou l'accès aux (… ) Au contraire, les droits de douane ont été utilisés comme levier dans un conflit stratégique plus large, avec le Groenland clairement mis en jeu", ajoute l'expert de marché.

"Cette distinction est importante. Une fois que les droits de douane sont recadrés comme des instruments géopolitiques, les marchés cessent de s'interroger sur leur ampleur et commencent à se demander quels autres enjeux sont désormais en jeu. Lorsque cette porte s'ouvre, plus rien n'est à l'abri", conclut-il.

À voir toutefois si Donald Trump portera cette menace jusqu'au bout.

"Il y aura des centaines d'opinions différentes sur la façon dont tout cela va se dérouler, mais n'oubliez pas que les droits de douane annoncés le jour la Libération (début avril dernier, NDLR) ont finalement été assouplis une semaine plus tard, le jour où les rendements des bons du Trésor américain à long terme ont connu une un début de journée effrayant, les investisseurs internationaux ayant commencé à voter avec leurs pieds en matière de financement américain", rappelle Deutsche Bank.

"Les marchés financiers pourraient donc jouer un rôle important dans la résolution de cette situation", ajoute la banque allemande.

La hausse très paradoxale de l'euro

À noter que l'euro progresse nettement face au dollar ce lundi, gagnant 0,38% à 1,1627 dollar. Normalement ce type d'annonce devrait mettre la devise européenne sous pression.

Sauf que les intermédiaires de marché s'attendent à ce que les menaces de Donald Trump renforce le bloc européen et redoutent qu'elles malmènent les obligations américaines.

"Les États-Unis ont une faiblesse majeure : ils dépendent des autres pour payer leurs factures via d'importants déficits extérieurs. L'Europe, en revanche, est le plus grand prêteur des États-Unis : les pays européens détiennent 8.000 milliards de dollars d'obligations et d'actions américaines, soit près de deux fois plus que le reste du monde réuni", rappelle George Saravelos, de Deutsche Bank.

"Dans un contexte où la stabilité géoéconomique de l'alliance occidentale est remise en cause de manière existentielle, on ne voit pas clairement pourquoi les Européens seraient disposés à jouer ce rôle", ajoute l'expert devises de la banque allemande.

George Saravelos rappelle que la conférence de Muniche de février 2025, lorsque le vice-président américaine JD Vance avait tenu des propos qui avaient choqué les dirigeants européens, avaient abouti à une accélération des dépenses européennes en matière de défense.

"Serait-ce le Groenland qui, cette année, catalysera l'accélération de la cohésion politique européenne ? Il est à noter que les deux dirigeants des partis d'extrême droite eurosceptiques en Allemagne et en France ont vivement critiqué les récents développements", écrit encore l'expert de marché. Conclusion de George Saravelos: les récentes annonces ne sont pas forcément négatives pour l'euro face au dollar.

"L'ironie, c'est que la pression exercée par Washington pourrait finir par aboutir à ce que des années de débats internes n'ont pas réussi à accomplir en Europe. La cohésion politique s'accélère souvent sous l'effet de pressions extérieures", abonde Stephen Innes.

"C'est pourquoi je suis sceptique quant à l'idée selon laquelle cela (les récentes annonces, NDLR) serait sans ambiguïté défavorable à l'euro", conclut Stephen Innes.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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